En Seine-Saint-Denis, Sur le terrain

Voeux de l’Association des Femmes Médiatrices de Pantin

J’étais ce vendredi 30 janvier aux vœux annuels de l’Association des Femmes Médiatrices Sociales et Culturelles de Pantin.

P1070399J’ai tenu à leur exprimer une nouvelle fois tout mon soutien pour l’engagement dont elles font preuve depuis de nombreuses années à travers les diverses actions de médiation sociale et familiale qu’elles développent :

L’accompagnement des personnes dans leurs démarches administratives  – médiation auprès des administrations (CAF, CPAM…) et de l’éducation nationale (auprès des enseignants, par exemple),

Le renforcement du lien social et de la solidarité via l’organisation d’événements de convivialité et d’ateliers favorisant la socialisation (atelier théâtre, par exemple).

Tout cela revêt une importance capitale pour l’amélioration du vivre-ensemble d’une part, et pour la lutte contre la précarité et l’exclusion sociale d’autre part, auxquels se trouvent encore confrontés de nombreuses populations sur ce territoire.

En Seine-Saint-Denis, Sur le terrain

Rencontre avec les jeunes des missions locales de Seine-Saint-Denis

photo 12  J’ai été reçue à la mission locale de Bobigny, en compagnie des membres du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), pour écouter les témoignages des jeunes bénéficiant d’un suivi au sein des missions locales de divers territoires de Seine-Saint-Denis. Parmi eux, beaucoup ont intégré le dispositif de la « Garantie jeune » dont ils tirent un bilan positif.

Antoine Dulin, membre du CESE, a présenté les grandes lignes du travail de réflexion et de proposition effectué pendant deux ans par la « section des affaires sociales et de la santé » du CESE sur les droits sociaux des jeunes, comprenant des thèmes tels que l’accès aux droits, le millefeuille des dispositifs, les difficultés d’insertion professionnelle, etc.


photo 15Les divers témoignages des jeunes présents, à travers le récit de leur parcours personnel, ont permis de mettre à jour les racines de leurs difficultés d’insertion : difficultés financières, mauvaise orientation scolaire, rupture familiale, accident de vie, problème de logement, méconnaissance du marché de l’emploi, coût des formations, etc. D’autres ont révélé les difficultés liées à l’accès aux droits, notamment au droit à la santé, au transport. Certains jeunes ont ainsi découvert très tard l’existence de la Couverture Maladie Universelle (CMU). 


Une jeune femme a souligné les discriminations à l’emploi auxquelles elle se trouve confrontée en tant que « femme issue de la diversité » et « habitante de la Seine-Saint-Denis », tandis qu’un jeune homme a pointé les difficultés liées aux effets de seuil : il manque par exemple 50 euros à la garantie jeune (d’un montant de 439 euros) pour pouvoir bénéficier d’une place en foyer jeunes travailleurs et de l’allocation logement.


photo 4Pour beaucoup de jeunes, le dispositif « Garantie jeune », qui consiste à accompagner, former et qualifier les jeunes les plus éloignés de l’emploi via notamment un dispositif de suivi de 6 semaines, pour qu’ils bénéficient d’un stage, voire d’un emploi, est un réel progrès. Il permet la socialisation, le retour de la confiance en soi. Les directeurs des diverses missions locales représentées se sont accordés à dire que ce dispositif, testé depuis quinze mois sur l’agglomération d’Est Ensemble (928 jeunes concernés), constitue un outil d’accompagnement qui a fait ses preuves. Il permet d’offrir à ces jeunes des clés de compréhension, des repères, permettant un début d’insertion sociale. C’est la raison pour laquelle ils sont favorables à sa pérennisation et son extension.


Grâce à ce dispositif, un jeune homme est en train de passer son permis lui permettant de réaliser son projet professionnel : devenir taxi. D’autres ont d’ores et déjà décroché des contrats de formation.

Ce dispositif expérimental sera-t-il reconduit ? Élargi ?

Affaire à suivre…

Aline Archimbaud

Au Sénat, Interventions au Sénat

Rapport sur la mission Solidarité, insertion, égalité des chances du projet de loi de finances 2014

La mission « Solidarité, insertion et égalité des chances » dispose de 13,8 milliards d’euros de crédits pour 2014, en hausse de 3,2 % par rapport à 2013.

Presque tous les programmes bénéficient d’une augmentation sensible, voire très importante, des moyens alloués : 272 millions d’euros supplémentaires pour le programme « Handicap et dépendance », 171 millions pour le programme « Lutte contre la pauvreté », 2,9 millions pour le programme « Actions en faveur des familles vulnérables », enfin, 0,8 million pour le programme « Egalité entre les femmes et les hommes ».

Dans un contexte où les économies en matière de dépenses publiques apparaissent comme une condition impérative au rétablissement des finances publiques, l’effort financier ainsi consenti, au nom des valeurs de solidarité et d’égalité, mérite d’être salué. Aussi votre rapporteure est-elle favorable à l’adoption des crédits de la mission ainsi qu’aux articles 75 et 76 rattachés.

Elle a souhaité, cette année, s’intéresser plus spécifiquement à la politique du handicap, dont une partie des crédits est retracée dans le programme « Handicap et dépendance », qui concentre à lui seul plus de 80 % du budget de la mission.

Dès le début du quinquennat, le Gouvernement s’est résolument engagé pour une politique du handicap volontariste comme en témoigne la décision d’inclure dans tous les projets de loi un volet handicap et l’élaboration d’un troisième plan autisme. Cette impulsion politique forte s’est manifestée plus récemment à l’occasion du Comité interministériel du handicap du 25 septembre dernier, qui a donné lieu à un relevé de décisions particulièrement riche.

Pour des raisons évidentes de calendrier, celles-ci n’ont pu trouver leur traduction budgétaire dans le présent projet de loi de finances. Votre rapporteure veillera toutefois à ce qu’elles le soient l’année prochaine.

Si les associations représentant les personnes handicapées et leurs familles, qu’elle a auditionnées, ont unanimement salué la tenue de ce comité et la volonté du Gouvernement de faire avancer l’inclusion des personnes handicapées, toutes attendent désormais la réalisation concrète des engagements pris.

Dans le cadre du présent avis budgétaire, votre rapporteure entend, pour sa part, insister sur plusieurs sujets qu’elle estime devoir être abordés lors de la prochaine Conférence nationale du handicap qui se tiendra courant 2014 : les conditions d’attribution de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), le niveau des ressources d’existence des personnes handicapées, la fragilité économique des établissements et services d’aide par le travail (Esat), le fonctionnement encore insatisfaisant des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

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Au Sénat, Questions au gouvernement

Question d’actualité au gouvernement sur la situation de la jeunesse

Monsieur le Président, Madame la Ministre, mes chers collègues,

Le premier rapport de l’Observatoire de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) concernant la situation de la jeunesse en France, présenté ce mardi 4 décembre, met en exergue un constat des plus sombres. On assiste à une fragilisation accrue de la jeunesse, de forts risques d’exclusion et à un creusement des inégalités entre jeunes dans le contexte actuel de crise économique dont ils sont les premières victimes.

15 % des jeunes ne sont ni en études, ni en formation, ni en emploi. Le taux de pauvreté des 18-24 ans atteint 22,5 %. Au total, plus d’un million de jeunes sont désormais confrontés à une situation de grande précarité.

Le rapport montre également que les jeunes représentent 22 % de la population active mais 40 % des chômeurs et que l’augmentation du chômage de longue durée est particulièrement préoccupante chez ces jeunes. Par ailleurs, la réalité n’est pas uniforme : le clivage se creuse, dans l’accès à l’emploi, entre diplômés et non-diplômés. Le taux de chômage des non diplômés est de 46% et 30% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté.

Je voudrais vous alerter sur le dispositif du RSA jeunes qui est un échec total. Doté d’un crédit de 27 millions pour 2013, prévision fortement revue à la baisse du fait de l‘important taux de non-recours puisque seuls 8000 jeunes sur les 130 000 initialement prévus en bénéficient, soit 6%. Le taux de non recours est donc de 94% !

En effet, les conditions requises pour y avoir droit sont totalement irréalistes ! Il est exigé que les jeunes justifient d’une activité professionnelle de deux ans à temps plein sur les trois années précédant la demande ? Quand on connaît la réalité, on comprend qu’il y ait si peu de candidats.

Si nous nous réjouissons de la mise en place des 150 000 emplois d’avenir, beaucoup reste à faire.

Ma question, Madame la Ministre, est donc la suivante : quelle réforme du RSA jeunes envisagez-vous et que comptez-vous faire pour lutter contre la précarité et la paupérisation croissante et massive de la jeunesse ?

Parmi les points qu’il me semble importants de discuter lors de la conférence organisée par le gouvernement la semaine prochaine (et à laquelle je souhaiterais savoir si vous y inviterez des parlementaires concernés), avez-vous notamment prévu d’aborder, concernant la jeunesse en situation de précarité :

  • la possibilité de mettre en place une allocation jeunesse donnant un minimum d’autonomie et stabilité pour construire un projet ?

  • l’impulsion d’une aide forte pour l’accès à la mobilité, au logement et à la santé ?

  • Enfin, le droit à la formation. Il est urgent de réfléchir à la mise en place pour les jeunes précaires d’un droit de tirage automatique à des formations de qualité, dans les filières d’avenir. Tous les acteurs de l’insertion, les missions locales, les mouvements d’éducation populaire, insistent sur ce point !! Tant on connaît les très grandes difficultés (ou plutôt la quasi impossibilité) pour un jeune qui enchaîne les contrats de travail très courts, les stages non rémunérés et les périodes de chômage à avoir accès à de telles formations qui sont pourtant une condition incontournable pour faire reculer le chômage.

La jeunesse est l’avenir de notre pays. C’est un immense potentiel. Soyons à la hauteur du défi. Ayons le courage de faire les arbitrages nécessaires en matière de solidarité nationale !