Au Sénat, Interventions au Sénat

Projet de loi santé : explication de vote finale d’Aline Archimbaud

Aline Archimbaud, Sénatrice de Seine-Saint-Denis, est intervenue au nom du Groupe écologiste ce mardi 6 octobre en séance dans le cadre de la fin de l’examen au Sénat du Projet de modernisation de notre système de santé.

Retrouvez ci-dessous le texte de son intervention, et sur ce lien, l’intégralité de la discussion en séance.


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Monsieur le président,

Madame la secrétaire d’État,

Chers collègues,

Nous tirons un bilan en demi-teinte de l’examen en première lecture au Sénat de ce projet de loi.

D’un côté, notre groupe se félicite du caractère très constructif du débat et du fait que la défense de la santé publique ait pu rassembler, à de nombreuses reprises, par-delà les appartenances politiques. Le texte adopté en juillet par la commission des affaires sociales a été nettement amélioré en séance plénière.

Avec vingt-cinq amendements adoptés, le groupe écologiste du Sénat se satisfait d’avoir fait progresser le débat sur un certain nombre de points.

Concernant la santé environnementale, tout d’abord, alors qu’en France plus de 80 % des dépenses remboursées par l’assurance maladie sont consécutives à des affections chroniques dont l’apparition et l’aggravation sont, le plus souvent, liées à nos modes de vie et à la pollution de notre environnement, il est salutaire que le Sénat ait rétabli, à l’article 1er, la mention de l’exposome et qu’il ait permis que le plan national « santé environnement » soit placé au cœur de la stratégie nationale de santé.

Notre groupe se réjouit également de l’adoption de l’amendement « amiante », qui permettra la mise à disposition du public, sur un site internet en accès libre, de la liste des rapports annuels d’activité des diagnostiqueurs de présence d’amiante, ainsi que des résultats de leurs analyses. Nous nous félicitons aussi que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’ANSES, soit désormais appelée à remettre au Gouvernement un rapport sur l’identification des substances ayant un effet de perturbateur endocrinien et sur leurs effets cumulatifs.

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Au Sénat, Interventions au Sénat

Une victoire pour l’accès aux soins au Sénat ! Projet de loi de Santé

Dans le cadre de l’examen du projet de loi de modernisation de notre système de santé, parmi les nombreux amendements (plus de 200) proposés par le Groupe écologiste du Sénat, représenté par Aline Archimbaud, cheffe de file sur ce dossier, près de 20 amendements ont d’ores et déjà été adoptés.

Parmi eux, Aline Archimbaud se félicite en particulier de l’adoption de l’amendement permettant l’automaticité de l’ouverture des droits à la CMU-C (Couverture Maladie Universelle Complémentaire) pour les allocataires du RSA socle (amendement 913, article additionnel après article 18 bis) qui marque une reconnaissance de la nécessité de faciliter l’accès aux soins dans notre pays.

Pour Aline Archimbaud, engagée sur la question de l’accès aux droits, et en particulier de l’accès aux soins des plus précaires, son adoption est une victoire non négligeable, étant donné le taux préoccupant de non-recours à la CMU-C (36% selon des chiffres de 2013)!

Cette disposition, si elle est maintenue lors de l’examen du texte à l’Assemblée nationale, constituera une première avancée dans la lutte contre la trop grande complexité des démarches administratives, cause majeure du non-recours aux soins.

Aline Archimbaud avait déjà eu l’occasion de proposer cette disposition dans le cadre de son rapport parlementaire sur « l’Accès aux soins des plus démunis – 40 propositions pour un choc de solidarité » remis au Premier ministre Jean-Marc Ayrault en 2013 (consulter le rapport). Cette proposition y figurait en première position.

Au Sénat, Communiqués, Dans les médias

Communiqué de presse – Santé environnementale : le Sénat adopte des propositions écologistes

Communiqué de presse

GROUPE ECOLOGISTE – ALINE ARCHIMBAUD

Sénatrice de Seine-Saint-Denis, Vice-Présidente de la Commission des Affaires sociales

Santé environnementale : le Sénat adopte des propositions écologistes

 

Aline Archimbaud, cheffe de file du Groupe écologiste du Sénat, a proposé de nombreux amendements relatifs à la santé environnementale à l’occasion de l’examen du projet de de loi de modernisation de notre système de santé. A cette occasion, elle a souligné que “en France, plus de 80 % des dépenses remboursées par l’assurance maladie sont attribuables à des affections chroniques – cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires, allergies, maladies respiratoires, etc. Ce sont là autant de pathologies dont l’apparition et l’aggravation sont, le plus souvent, liées à nos modes de vie et à la pollution de notre environnement.”

 

Concernant le volet “santé environnementale” du projet de loi, le Groupe écologiste se réjouit donc des avancées suivantes :

Sur l’amiante (amendement 964) : la direction générale de la santé s’assure que la liste des rapports annuels d’activité des diagnostiqueurs amiante transmis par les représentants de l’État dans les départements ainsi que les résultats de leur analyse sont mis à disposition du public sur un site internet en accès libre.

Sur la recherche en santé environnementale (amendement 977) : le Ministère de la santé «veille à la cohérence de la stratégie nationale de recherche avec la stratégie nationale de santé».

Sur les plantes allergisantes (amendement 1062) :  les consommateurs seront informés avant l’achat de certaines espèces végétales dangereuses pour la santé humaine.

Sur les perturbateurs endocriniens (amendement 984) : l’ANSES est appelée à remettre au Gouvernement un rapport sur l’identification des substances ayant un effet de perturbateur endocrinien et mesurant leurs effets cumulatifs.

Sur la pollution atmosphérique (amendement 994) : extension à l’ensemble des causes de pollution atmosphérique la possibilité pour le Gouvernement de fixer par décret des règles générales d’hygiène et toutes autres mesures propres à préserver la santé. Cette mesure emportera aussi pour conséquence, la possibilité pour le représentant de l’État dans le département ou le maire de prendre par arrêté des dispositions en vue d’assurer la protection de la santé publique sur leur territoire.

Enfin, Aline Archimbaud se félicite du rétablissement par le Sénat des dispositions relatives aux salles de consommation à moindre risque et de la fin de la discrimination des homosexuels dans le cadre du don du sang.

Néanmoins, elle déplore le conservatisme du Sénat qui a profité d’un texte sur la santé pour mettre un coup de canif dans la Evin, alors que l’alcool est responsable de 50 000 morts par an; de même, le recul sur le paquet neutre laisse perplexe, car comme l’a rappelé Aline Archimbaud, dans les pays où ils ont été mis en place “les paquets neutres ont significativement réduit l’attractivité du paquet de cigarettes et des marques de tabac et donnent moins envie de fumer”.

Retrouvez notre dossier sur le PJL Santé sur le site du Groupe écologiste.

Au Sénat, Communiqués, Dans les médias

Pour une politique de santé respectueuse de l’égalité homme-femme et soucieuse de l’environnement

Communiqué de presse

ALINE ARCHIMBAUD

Sénatrice de Seine-Saint-Denis, Vice-Présidente de la Commission des Affaires sociales

Pour une politique de santé respectueuse de l’égalité homme-femme et soucieuse de l’environnement

Lundi 14 septembre, le Sénat a entamé l’examen des articles du projet de loi de modernisation de notre système de santé. A l’issue de l’adoption de l’article premier relatif à la prévention et la promotion de la santé, Aline Archimbaud Sénatrice écologiste et vice-présidente de la Commission des Affaires sociales, exprime sa satisfaction suite à l’adoption de cinq amendements écologistes.

> L’amendement 942 réintroduit dans la politique de santé l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes.

> L’adoption de l’amendement 944 sanctuarise le concept d’exposome. Ce concept représente l’exposition durant l’ensemble de la vie entière à des expositions physiques extérieures, le contexte psycho-social et les régulations du milieu intérieur, c’est-à-dire l’ensemble des facteurs non génétiques qui peuvent influencer la santé humaine (expositions environnementales, conditions de vie, facteurs liés aux comportements notamment). Ce concept, partagé scientifiquement, a été introduit dans le Plan national santé environnement (PNSE) 2015-2019.

> L’amendement 945 a par ailleurs consacré la place de la santé environnementale au coeur de la stratégie nationale de santé et à l’application du troisième plan national Santé-environnement (2015-2019) avant la définition du quatrième PNSE.

> L’amendement 1023 a permis de rétablir la mention de l’activité physique et sportive dans la définition de la politique de santé. En effet, Aline Archimbaud a rappelé que “le sport est une une thérapeutique non-médicamenteuse efficace, grâce à laquelle nous pourrions réaliser 10 milliards d’euros d’économies.”

> Enfin, l’amendement 1085 met l’accent sur la santé des aidants familiaux, en demandant une étude au Gouvernement qui permettrait l’évaluation des risques psychosociaux, des pathologies particulières liées à la fonction d’aidant et des coûts sociaux engendrés.

Pour les écologistes la réintégration de ces principes fondamentaux (égalité H/F, prise en compte de l’environnement, du sport) dans les objectifs de la politique nationale de santé est un excellent signal. Aline Archimbaud remercie sincèrement le Gouvernement et les groupes politiques, au-delà des clivages traditionnels, pour leur soutien au cours du débat. Nous continuerons à défendre une meilleure prise en compte de la santé environnementale. Aline Archimbaud conclue “ protéger la santé de chacun, c’est d’abord un devoir d’humanité, mais c’est aussi une question de bon sens sur le plan budgétaire. Le gisement dit « moins de maladies » reste la piste d’économies la plus importante dont nous disposions.

Il s’impose aujourd’hui scientifiquement que les quatre maladies repérées par l’OMS comme étant les plus meurtrières (cancer, maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires et diabètes) ont, au-delà des causes génétiques, des causes liées au mode de vie et à l’exposition aux pollutions. 83% des dépenses remboursées par l’assurance maladie sont d’ailleurs attribuables en France aux maladies chroniques”.

Retrouvez notre dossier sur le PJL Santé sur le site du Groupe écologiste.

Au Sénat, Interventions au Sénat

Intervention d’Aline Archimbaud – Discussion générale sur le Projet de loi de santé

Ce lundi 14 septembre a débuté au Sénat l’examen en deuxième lecture du Projet de loi de modernisation de notre système de santé.

Retrouvez ci-dessous l’intervention d’Aline Archimbaud en séance (discussion générale).


Projet de loi de modernisation de notre système de santé

Lundi 14 septembre

Discussion Générale

Intervention Aline Archimbaud

imageCrédit photo : Sénat

Monsieur le Président,

Madame la Ministre,

Mes Chers Collègues,

Les membres du groupe écologiste ont été très déçus du sort réservé, en commission, au texte venu de l’Assemblée nationale.

Certes, nous sommes satisfaits de l’adoption de notre amendement tendant à assurer le renouvellement automatique de l’aide au paiement d’une complémentaire santé, l’ACS, pour les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés, l’AAH, et de l’allocation de solidarité en faveur des personnes âgées, à savoir l’allocation personnalisée d’autonomie, l’APA.

De même, nous sommes satisfaits de voir maintenue l’interdiction du bisphénol A dans les jouets, comme de la position responsable adoptée par la commission au sujet de l’expérimentation des salles de consommation à moindre risque, du secret médical en prison ou encore du dépistage rapide des mineurs.

Néanmoins, nous restons très déçus par ce projet de loi dans son ensemble.

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Au Sénat

Examen du Projet de loi de Santé : Les propositions des écologistes

Communiqué de presse du Groupe écologiste sur le projet de loi Santé

 11 septembre 2015

Communiqué de presse

ALINE ARCHIMBAUD

Sénatrice de Seine-Saint-Denis, Vice-Présidente de la Commission des Affaires sociales

Examen du Projet de loi de Santé : les propositions des écologistes

Le Projet de loi de Santé sera examiné au Sénat du 14 septembre au 6 octobre. Aline Archimbaud, de longue date mobilisée sur ces thèmes, est la cheffe de file du Groupe écologiste du Sénat.

En effet, après avoir initié en 2012 les débats sur le diesel, l’huile de palme, ou encore l’aspartame, Aline Archimbaud remet en 2013 un rapport sur l’accès aux soins des plus démunis. En 2014, elle présente un rapport sur l’indemnisation des victimes de l’amiante. Au printemps 2015, avec Chantal Jouanno, Aline Archimbaud fait de la santé environnementale une priorité dans le cadre de la préparation du projet de loi « Santé ».

Dès l’examen de ce texte en commission, en juillet, Aline Archimbaud a regretté le conservatisme dont a fait preuve la majorité UDI-LR du Sénat qui a réécrit des pans entiers du Projet de loi de modernisation du système de Santé. Le texte comporte en conséquence d’importants reculs, notamment en matière d’accès aux droits, de santé environnementale, mais également sur l’Interruption Volontaire de Grossesse, le tabac, et la démocratie sanitaire.

Le Groupe écologiste, par la voix d’Aline Archimbaud, a déposé plus de 200 amendements et fera entendre lors des débats ses propositions sur quatre grands volets :

  1. L’accès aux soins et aux droits :

Aline Archimbaud appelle à “une extension du « choc de simplification » aux procédures administratives qui concernent nos concitoyens les plus en difficulté, à des changements dans les cultures et les pratiques professionnelles et à la limitation des effets de seuil par l’élargissement de certains droits.”

Nos amendements porteront donc sur la simplification des procédures, la lutte contre le non-recours aux droits, la lutte contre les refus de soins, la généralisation du tiers payant, l’encadrement des dépassements d’honoraires, le droit à l’oubli des anciens malades vis-à-vis des assureurs, la simplification de l’accès à l’IVG…

  1. La santé environnementale :

Pour Aline Archimbaud, “la prise en compte de l’environnement est une question cruciale aujourd’hui pour la sécurité sociale. Les expositions environnementales, tout au long de la vie, ont un impact direct établi par de grandes études internationales et françaises sur les pathologies, souvent chroniques, les plus répandues : allergies et asthme, maladies cardiovasculaires, diabète, Parkinson et Alzheimer, cancers.

L’incidence des affections de longue durée a doublé en France en 20 ans, dans une progression qui ne peut pas s’expliquer uniquement par le vieillissement ou l’amélioration de la prévention et du dépistage. En 2009, les maladies chroniques touchaient plus de 23 millions de personnes et représentaient 83 % des dépenses d’assurance maladie. À titre d’exemple, la seule pollution de l’air, qui est à l’origine de nombreuses maladies de l’appareil respiratoire, représenterait un coût pour le système de soins évalué entre 0,9 et 1,8 milliard d’euros par an.”

Nos amendements porteront donc sur les perturbateurs endocriniens, la lutte contre les maladies chroniques, les particules fines, les risques chimiques, la qualité de l’air intérieure, l’amiante, l‘électrohypersensibilité, le mercure dentaire, les pesticides, le bruit, le soutien à la recherche en santé environnementale, ou encore les nanomatériaux.

La prise en compte des facteurs environnementaux à travers l’intégration du concept d’exposome dans la définition de la politique de santé, entendu comme l’intégration de l’ensemble des expositions pour la vie entière, c’est-à-dire la prise en compte des atteintes à la santé qui ne sont pas d’origine génétique, mais d’origine environnementale, psychologique et socio-économique.

  1. La prévention :

Pour Aline Archimbaud, “la politique de santé publique doit donner une plus large part à la prévention par rapport à la médecine curative”.

Nos amendements porteront donc sur le renforcement de l’étiquetage nutritionnel, la lutte contre l’obésité, le soutien à la protection maternelle et infantile, la médecine scolaire, le tabac (paquet neutre et soutien de la diversification des activités des buralistes), le sport et la santé, l’ambroisie, la lutte contre les addictions, l’intolérance au gluten, la réduction des risques chez les usagers de drogue, la santé au travail, la protection de l’audition…

  1. Les médicaments :

Aline Archimbaud est favorable à une plus grande transparence du marché du médicament.

Nos amendements porteront sur la lutte contre les conflits d’intérêt, la transparence sur la fixation des prix, la prévention et indemnisation des accidents médicamenteux, le cannabis thérapeutique, l’aluminium dans les vaccins, la participation des usagers, etc.

Enfin, Aline Archimbaud a également déposé plusieurs amendements relatifs à la gouvernance du système de santé, aux professionnels de santé, au handicap et à la santé mentale.

Le Groupe écologiste souhaite vivement que l’examen en séance du Projet de loi Santé se fasse dans la sérénité et en bonne intelligence, et qu’il permettra de revenir sur les amendements rétrogrades adoptés en commission (notamment sur l’IVG). Nous réaffirmons notre soutien au Gouvernement sur la nécessité de mettre en place le tiers-payant et le paquet neutre. Nous serons très attentifs quant aux engagement que la Ministre de la Santé concernant nos propositions en matière de santé environnementale.

Retrouvez également :

– les amendements  : http://ameli.senat.fr/recherche/recherche.jsp?session=2014-2015&texte=654&type_texte=S&senateur=ALL&groupe=3316&commission=ALL&article=ALL&contenu=&sort=ALL#resultats

– le rapport d’Aline Archimbaud sur « l’Accès aux droits des plus démunis, 40 propositions pour un choc de solidarité » :  https://alinearchimbaud.eelv.fr/files/2013/10/rapport_officiel-aline_archimbaud.pdf

– le bilan de mandat d’Aline Archimbaud de juillet 2015 : http://fr.calameo.com/read/0044273550793bfb9cf7b

– le rapport du comité de suivi Amiante « Amiante : Des enjeux toujours actuels, relever le défi du désamiantage » : http://www.senat.fr/rap/r13-668/r13-6681.pdf

– la communication sur la santé environnementale : http://alinearchimbaud.fr/wp-content/uploads/2015/04/Communication-Sant%C3%A9-Environnementale-Archimbaud-Jouanno.pdf

Articles, Dans les médias

Le Sénat appauvrit les dispositions environnementales du projet de loi santé

Retrouver l’article sur le site d’Actu Environnement.
Le compte-rendu des débats en commission est accessible sur le site du sénat.

Les sénateurs ont supprimé la notion d’exposome du projet de loi de modernisation du système de santé lors de l’examen en commission. De nombreux amendements concernant la santé environnement devraient être redéposés en séance publique.

Hygiene / Securite / Sante  |    |  Dorothée Laperche
Le Sénat appauvrit les dispositions environnementales du projet de loi santé

Si le projet de loi de modernisation du système de santé voté en première lecture le 14 avril à l’Assemblée nationale n’apportait que quelques modestes avancées environnementales, l’examen par la commission des affaires sociales du Sénat mercredi 22 juillet n’a pas contribué à l’améliorer. La suppression de la notion d’exposome du texte constitue ainsi une première modification symbolique. Introduit dans le troisième plan santé environnement, ce concept vise une mesure des expositions environnementales cumulées de la période in utero jusqu’à la fin de vie. « La définition de la notion d’exposome a été l’un des résultats forts de la conférence environnementale de novembre dernier, a rappelé Aline Archimbaud, sénatrice écologiste de Seine-Saint-Denis. Tous les chercheurs que nous avons entendus avec Mme Jouanno (sénatrice, UDI, Paris) pour rédiger notre rapport ont insisté sur la multiplicité des facteurs des principales maladies, qui peuvent être génétiques mais dépendent aussi de l’exposition« . Mais pour la rapporteur, Élisabeth Doineau, sénatrice UDI de la Mayenne, cette réécriture de l’article 1 qui fixe les objectifs et le périmètre de la loi, constitue une simplification et clarification du texte. « La notion d’exposome se retrouve lorsque nous parlons de la réduction des risques liés à l’environnement, aux conditions de travail, de transport, d’alimentation et de consommation des produits et services« , a-t-elle justifié.

Autre suppression : la demande de rapport au Gouvernement vérifiant l’application en France des règlements européens « cosmétiques« , « biocides » et « alimentation » en matière d’étiquetage sur la présence de nanomatériaux dans les produits concernés.

Le texte n’a pas bénéficié de beaucoup d’ajouts concernant les dispositions environnementales : de nombreux amendements déposés notamment par des sénateurs écologistes n’ont pas été retenus. Vieux serpent de mer, un amendement visant à augmenter le montant de la taxe sur les huiles de palme, de palmiste et de coprah destinées à l’alimentation humaine n‘a pas été adopté. « Notre rapport, avec Yves Daudigny, souligne l’hétérogénéité des taxations sur les différentes huiles, les plus saines n’étant pas forcément les moins taxées, a soulevé Catherine Deroche, rapporteure, sénatrice du groupe Les Républicains de Maine-et-Loire. Nous avons demandé une harmonisation, qui ne relève pas de la loi. Nous renouvellerons notre demande à la ministre en séance publique« .

Polluants automobiles : un besoin de mesure par des organismes indépendants

Autre amendement rejeté : la rédaction, par le Gouvernement, d’un rapport analysant la mise en place d’une expertise technique indépendante relative à la mesure des émissions de polluants par les véhicules automobiles. « La mesure des émissions polluantes, dont l’effet sanitaire extrêmement grave est désormais connu, n’est pas faite par des organismes indépendants. Pour lever l’incertitude, il faut un rapport, a réagi Aline Archimbaud. Vous ne pouvez pas vous contenter d’une position de principe contre les rapports, sur un sujet aussi grave ! « .

De la même manière, la demande de prise en compte de l’effet cocktail pour l’élaboration des limites maximales en résidus (LMR), n’a pas été retenue. « Ces LMR doivent être déterminées par un règlement européen, pointe la rapporteure Élisabeth Doineau (UDI, Mayenne). En outre, s’il est relativement facile d’évaluer les LMR sur un aliment donné, il est plus hasardeux de vouloir fixer des LMR en se basant sur une estimation de la consommation journalière d’un individu moyen« .

Adhésion au groupe des victimes de l’amiante : un maximum de trois ans

Concernant l’amiante, l’amendement qui obligeait les préfectures à mettre à disposition des particuliers et des professionnels l’ensemble des diagnostics techniques amiante des bâtiments dont ils disposent a été déclaré irrecevable. « L’amendement reprenait une proposition faite depuis 1998 par le Professeur Claude Got, qui avait travaillé sur la question à la demande de Bernard Kouchner et de Martine Aubry, a déploré Aline Archimbaud (EELV, Seine-Saint-Denis). Repousser encore le moment d’engager une véritable politique de désamiantage consciente et pilotée finira par coûter très cher. (…) Les préfectures existent déjà : où sont les frais supplémentaires ? « .

Les sénateurs du groupe écologiste ont retiré mais prévu de redéposer en séance la demande de rapport sur le suivi médical individualisé systématique des professionnels ayant été en contact avec des fibres d’amiante lors de leur activité. Un amendement adopté du groupe Les Républicains raccourcit, quant à lui, de cinq à trois ans le délai maximum pendant lequel l’adhésion au groupe des victimes est possible. « Il faut tenir compte du fait que la prescription des actions individuelles portant sur les mêmes dommages est suspendue pendant toute la durée de la procédure, avance l’exposé des motifs. Ceci prolonge considérablement, pour l’entreprise, la situation d’incertitude sur le risque auquel elle est exposée« . Pour Les Républicains, un recours sera toujours possible par la voie d’une action individuelle. « Les problèmes de santé peuvent mettre du temps à se déclarer : voyez l’amiante. Cinq ans, ce n’est pas extravagant ! « , a opposé Nicole Bricq, sénatrice socialiste de Seine-et-Marne.

Des vêtements pour enfants comportant du phtalate

Les sénateurs écologistes ont également retiré, mais projettent de redéposer en séance publique, un amendement interdisant des vêtements destinés à faciliter le sommeil des enfants comportant du phtalate. « Il convient, sans attendre la définition européenne sur les perturbateurs endocriniens, de répondre à ces lacunes juridiques portant sur des substances déjà réglementées par l’Union européenne et d’harmoniser l’interdiction de ces six phtalates à tous les articles susceptibles d’être mis à la bouche des enfants« , détaille l’exposé des motifs. De la même manière, ils soumettront à nouveau en séance publique un amendement imposant l’étiquetage des meubles émetteurs de substances dans l’air ambiant au 1er janvier 2017.

La prochaine étape est fixée au 14 septembre 2015, date à laquelle le Sénat commencera l’examen de ce projet de loi en séance publique.

En Seine-Saint-Denis, Interventions 93

Université Paris 8 – Saint-Denis – Journée d’étude « Résultats et enseignements transversaux des questionnaires auprès des femmes consultant dans des centres de PMI »

Journée d’étude : « Résultats et enseignements transversaux des questionnaires auprès des femmes consultant dans des centres de PMI » (en Seine-Saint-Denis et dans la Somme)

Initiative très intéressante, menée par une équipe d’étudiants et d’enseignants de l’université, en partenariat avec l’INPES (Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé).

Je suis intervenue ce matin 4 juin à l’ouverture de cette journée.Au programme:exposés des étudiants puis débats à partir des résultats de l’enquête, avec un public riche de sa diversité: étudiants, enseignants, chercheurs, équipes de professionnels de PMI de Seine-Saint-Denis et d’Amiens, médecins, élus locaux (dont l’association « Elus Santé et territoires »)

Objectif de l’étude: mieux apprécier l’action de la PMI comme levier pour la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé. Journée très utile à quelques semaines de la poursuite au sénat des débats sur le projet de loi de santé.

Il apparait nécessaire (et je déposerai des amendements en ce sens) de soutenir et valoriser l’action des PMI, trop sous-estimée, méconnue.

Depuis plusieurs années, l’Université de Paris 8 Saint Denis se mobilise pour renforcer un pôle d’excellence « Sciences humaines et sociales ».

Ce matin, sa Présidente a confirmé la volonté de son équipe de s’inscrire activement dans un réseau « Pour l’Accès aux droits », qui doit bien sûr, pour être entendu, articuler actions/réflexions/formations/recherche. Je m’en réjouis.