Polynésie française et nucléaire : la fin d’une injustice ?

Après des années de lutte, le peuple français de Polynésie française devrait enfin voir ses droits reconnus. 193 bombes en 30 ans, soit l’équivalent de 2 900 fois Hiroshima, voilà ce qu’ont subi les habitants des atolls polynésiennes. Fonds sous-marins fragilisés par les explosions, pollution du lagon de Moruroa et de ses récifs de corail, habitants et travailleurs irradiés, maladies génétiques, infirmités des enfants… Il était temps pour l’État français de reconnaître la terrible erreur humaine et écologique du nucléaire militaire.

Si la loi Morin de 2001 prévoyait par principe l’indemnisation des victimes, la pratique a montré que seuls 2% des dossiers ont abouti. L’insertion dans la loi de la notion de « risque négligeable » amputait le dispositif législatif de tout effet pour les malades du nucléaire. Enfin, le Parlement a adopté définitivement le 14 février 2017 la suppression du risque négligeable, instaurant à sa place la présomption de causalité. Une interrogation subsiste quand même. Le Gouvernement a entendu par un amendement de dernière minute « réserver l’indemnisation aux personnes dont la maladie est causée par les essais nucléaires », tout en créant une commission chargée de veiller au respect de cette nouvelle règles.

Les écologistes espèrent que cette disposition de freinera pas l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, qui attendent depuis maintenant des décennies.