Quelques pas de plus vers l’égalité réelle en outre-mer

Le projet de loi Égalité réelle en Outre-mer a été adopté au Parlement la semaine dernière. Il a pour objectif de réduire les inégalités d’accès aux biens, aux services publics, aux droits, et les problèmes éducatifs, sanitaires, économiques, d’accès à l’emploi, de coût de la vie trop élevé auxquels sont confrontés les habitants des territoires d’Outre-mer par rapport aux habitants de l’hexagone.

Les débats au Sénat ont enrichi le texte et la plupart des amendements déposés par Aline Archimbaud au nom du groupe ont été adoptés en séance. Ils permettront notamment d’améliorer l’information des enfants sur des questions de santé, de renforcer les prérogatives du nouveau Grand Conseil Coutumier des populations amérindiennes et bushinenges de Guyane et de lutter contre l’orpaillage. Les avancées obtenues dans ce domaine sont très positives, notamment pour la Guyane, où c’est un véritable fléau aux conséquences graves sur l’environnement, la santé des habitants et leur sécurité au quotidien. Autre disposition attendue depuis des décennies par des milliers de victimes des essais nucléaires, la loi Morin qui définit les critères pour leur indemnisation a été grandement améliorée ! Enfin les victimes pourront être indemnisées sans que soit remis en cause de façon indue le lien entre leur maladie et leur exposition aux essais nucléaires français en Polynésie et au Sahara.

Malgré ces avancées, les difficultés restent nombreuses et certains sujets fondamentaux, comme le développement de l’enseignement en langue maternelle pour tous les enfants qui ne parlent pas le Français à leur entrée à l’école, ou le développement d’une agriculture, d’une aquaculture locales et  respectueuses de la biodiversité, de filières environnementales, de filières d’énergies renouvelables, n’ont pas été réellement traités.  Le lancement d’une réflexion sur la mise en place d’un observatoire du suicide en Guyane, pourtant proposé au Sénat, a été également supprimé de la version finale du texte. Compte tenu des enjeux forts sur ce territoire qui connaît un taux de suicide chez les jeunes anormalement élevé, plus particulièrement chez les jeunes des communautés amérindiennes et bushinengués, cette suppression est extrêmement regrettable. C’est une occasion ratée de mieux comprendre les mécanismes qui poussent ces jeunes à se suicider et de mettre en place les conditions d’un mieux-être.

On le voit, beaucoup reste à faire, mais les avancées sont réelles ! Le groupe écologiste a donc voté pour ce projet de loi, en espérant qu’il serve d’appui pour que d’autres dispositions allant plus loin soient prises par la suite.