Retour sur le colloque sur les Amérindiens de Guyane

La semaine dernière, j’ai reçu au Sénat une délégation guyanaise d’une quinzaine de personnes : acteurs locaux, associatifs, représentants des populations amérindiennes, élus, responsables des pouvoirs publics et de la cellule régionale pour le mieux vivre.

Ce colloque fait suite au rapport de la mission parlementaire que j’ai remis il y a un an avec ma collègue députée Marie-Anne Chapdelaine à propos du taux très élevé de suicides chez les jeunes Amérindiens de Guyane. Ce rapport contient 37 propositions pour enrayer ces drames et créer les conditions d’un mieux être.

Un an après, j’ai donc souhaité, tirer un premier bilan de la mise en œuvre de ces propositions, et plus globalement, faire un état des lieux de la situation.

Nicolas Hulot, particulièrement intéressé par la dimension humaine, culturelle et environnementale de cette situation, a souhaité entendre directement les représentants de ces populations, et échanger avec eux. Une rencontre a donc été organisée mardi, la veille du colloque, au Palais du Luxembourg.

Les prises de parole ont été riches, parfois émouvantes, traduisant la difficulté, pour les jeunes amérindiens, de se projeter dans l’avenir, compte tenu de leurs conditions de vie souvent très précaires. Ils craignent également de voir leur identité disparaître en rentrant dans le monde moderne.

Nicolas Hulot s’est engagé à porter la parole des représentants amérindiens dans ses réseaux.

Le lendemain, plus d’une centaine de personnes ont assisté au colloque, et je veux ici remercier premièrement tous les intervenants, Madame la Ministre des Outre-mer Éricka Bareigts, qui a introduit la conférence, ainsi que son prédécesseur à ce poste Madame la Ministre George Pau-Langevin. Je remercie enfin Madame la Députée Chantal Berthelot et ma collègue Sénatrice Marie-Christine Blandin pour la qualité de leurs interventions.

Parmi les personnes présentes dans la salle, des chercheurs, des universitaires, des associatifs, des médecins, des artistes, des journalistes, tous sensibles aux différents enjeux liés à la situation de ces populations :

– Renforcer le dispositif sanitaire de prise en charge des personnes en crise suicidaire, des membres des familles et communautés impactées par un suicide (proposition 1 du rapport)

– Améliorer les conditions de scolarisation. Proposition 7 : Généraliser les mesures pour l’accès à une collation pour tous les élèves des écoles et des collèges. Proposition 8 : Régler la question du logement des lycéens amérindiens en poursuite d’étude sur le littoral de façon générale, en particulier en organisant l’ouverture des internats le week-end.

– Permettre aux jeunes une meilleure adaptation à la société moderne sans sacrifier leur culture. Proposition 9 : Reconnaître les cultures et les langues amérindiennes en Guyane.

– Soutenir les nombreux projets portés notamment par la jeune génération (notamment sur le Haut Maroni et le Haut Oyapock). Ceux-ci ne rencontrent pour l’instant que peu d’écho, c’est pourquoi je suis fortement mobilisée pour que les propositions 10 et 33 de notre rapport soit mises en œuvre, la première permettant la création d’un « fonds de soutien public–privé pour développer des possibilités d’activités dans les villages notamment pour les jeunes, la seconde imposant la ré-ouverture de la mission locale pour l’emploi de Maripasoula afin de soutenir les jeunes porteurs de projets.

– Mobiliser les connaissances ancestrales immenses des Amérindiens concernant la forêt pour la sauvegarder et y développer des activités durables : recherche en biodiversité, éco-tourisme, entretien, surveillance, exploitation durable etc. (Proposition 14) Ceci leur permettrait d’être en première ligne pour répondre aux deux défis planétaires que sont la lutte contre le dérèglement climatique et la protection de la biodiversité.

– Besoin absolu de renforcer le rôle du Conseil Consultatif des Peuples Amérindiens et Bushingués en leur donnant les moyens d’assurer leurs fonctions.

Les débats ont été riches.

Je reste mobilisée sur ce dossier et notamment dans la perspective du Projet de Loi « égalité réelle Outre-mer » qui doit arriver en débat au Sénat en janvier prochain.

Les Actes du colloque seront disponibles sur ce blog début janvier. Une version papier sera disponible sur demande.

Consulter le rapport ici.