Victoire au Sénat : la proposition de loi dite « visant à améliorer l’accès aux droits et à lutter contre la fraude sociale » déposée par Les « Républicains » retirée en milieu de débat

Débat le 31 mai 2016 au Sénat

Communiqué du groupe écologiste du Sénat

Nouvelle stigmatisation des plus fragiles : la proposition de loi sur la fraude sociale heureusement retirée en séance au Sénat

Le groupe écologiste se félicite que la proposition de loi déposée par le groupe Les Républicains, dite « visant à améliorer l’accès aux droits et lutter contre la fraude sociale », ait été retirée en séance après débat.

La lutte contre la fraude en général doit être menée, c’est incontestable. Malheureusement le texte présenté ne contenait aucune disposition visant à améliorer l’accès aux droits et concentrait les efforts sur la fraude au RSA, qui constitue pourtant une partie très mineure des fraudes sociales. Pour rappel, et contrairement aux raccourcis souvent entendus, la fraude sociale ne correspond pas seulement à la fraude aux prestations sociales, c’est-à-dire celles qui concernent les prestations reçues par les personnes, mais aussi à la fraude aux cotisations sociales, c’est-à-dire le non paiement des cotisations sociales par les entreprises.

Alors que la fraude aux cotisations était estimée à au moins de 20 milliards d’euros par la Cour des Comptes en 2013, la fraude avérée aux prestations familiales est plus de 140 fois inférieure et s’est montée la même année à 141 millions d’euros. Pourtant, la proposition de loi de la droite sénatoriale ne mentionnait à aucun moment la lutte contre la fraude aux cotisations, constituant pourtant le manque à gagner le plus important de toute la fraude sociale pour les comptes publics.

Aline Archimbaud est intervenue pour le groupe écologiste et s’est opposée fortement à ce texte amalgamant fraude au RSA et fraude aux cotisations sociales, stigmatisant des personnes déjà en situation de fragilité, les soupçonnant par défaut de tricher et d’abuser du système de solidarité nationale. Elle a regretté l’absence de mesures visant à lutter contre la fraude des entreprises qui est considérable, à lutter contre le non-recours aux droits et à améliorer l’accompagnement des personnes dans leurs démarches.

Considérant que ce texte aboutissait à diviser la société en se concentrant uniquement sur les fraudes au RSA et en créant un climat de suspicion, Aline Archimbaud a souligné qu’« en cette période d’épreuves, notre pays a au contraire besoin de paroles, de propositions et d’actions de rassemblement ».

 

Lire l’intervention d’Aline Archimbaud dans le débat