Huile de palme : encore une décision scandaleuse

 Huile de palme : encore une décision scandaleuse

La majorité sénatoriale supprime toutes les mesures pour en réduire l’inexplicable avantage concurrentiel


Dans la nuit du 11 mai, la majorité sénatoriale a supprimé le dispositif, issu de nombreux compromis, visant à réduire l’avantage comparatif dont bénéficie sans aucune raison l’huile de palme par rapport aux autres huiles. Les discussions à l’Assemblée Nationale avaient abouti à un dispositif déjà très progressif et ne créant en rien une discrimination envers cette huile comme cela a parfois été entendu dans l’hémicycle. La taxe additionnelle sur l’huile de palme devait atteindre, en quatre ans, le niveau de la taxe sur l’huile d’olive pour l’instant deux fois plus élevée. Une exonération pour les huiles de palme appelées « durables » – malgré l’absence de labels sérieux- avait été également prévue.


L’action des lobbys a bien fonctionné puisque l’article mentionnant l’huile de palme a été purement et simplement supprimé sur la base d’arguments très discutables voire inexactes. Les décisions ont encore une fois été reportées à plus tard.


Aline Archimbaud regrette très vivement ce recul scandaleux, alors que la culture intensive de l’huile de palme, forme de culture largement majoritaire, est à l’origine de graves problèmes de déforestation et de pollution, détruisant les équilibres biologiques et menaçant la santé des cultivateurs et des populations. Elle est présente par ailleurs dans de très nombreux produits de consommation courante du fait de son faible coût, et est donc trop souvent consommée en quantité alors qu’elle est constituée en grande partie d’acides gras saturés à l’origine de graves maladies cardiovasculaires. L’avantage concurrentiel dont bénéficie l’huile de palme dans notre pays est donc tout simplement inexplicable et sans fondement.

Aline Archimbaud continuera à demander sa suppression si celle ci n’est pas réalisée dans le cadre de la loi sur la reconquête de la biodiversité.