Pour la Fraternité

Sans vouloir céder à quelque forme de panique que ce soit, il faut bien le constater : deux périls majeurs menacent durablement notre pays, comme d’ailleurs d’autres en Europe. D’abord une forme importée de fanatisme religieux ultraviolent qui cible désormais les populations civiles. Ensuite, un extrémisme xénophobe (lui bien de chez nous) qui entretient la détestation des différences, la haine du voisin et prône la bunkérisation généralisé dans des frontières d’un autre temps.

En s’entretenant l’une l’autre, ces deux faces d’une même pulsion de guerre ont des effets extrêmement corrosifs sur la démocratie et sur la paix civile. Dans notre département, elles se conjuguent objectivement pour faire monter des tensions voire des affrontements entre des populations, des communautés, des territoires. Contre ces tendances mortifères, des initiatives modestes mais dignes et joyeuses sont apparues pour dialoguer, rapprocher des personnes et des groupes qui en temps ordinaire s’ignorent.

Elles alertent sur des tensions qui naissent de l’action provocatrice et diffuse de petites bandes et sur des actes de violence banalisée. Elles signalent ici et là des excès de zèle ou des bavures liés aux mesures d’urgence évidemment nécessaires pour protéger les populations.

Ces actions pour «vivre mieux en paix» font renaitre l’espérance, elles incarnent la France qu’on aime : celle de la tolérance, du respect et de la liberté.

Les simples gens qui les portent se heurtent cependant ici ou là à des pressions voire à des menaces : ils sont dépourvus de moyens et d‘écho dans les médias ou auprès des pouvoirs publics.

Il est du devoir des parlementaires et donc du mien, de répondre à leur demande de soutien, de protection et de relais.

J’appelle chacun, composantes organisées de la société civile démocratiques, croyants ou athées, professionnels de santé, d’éducation, d’action sociale ou de protection des droits, syndicalistes et associatifs, simples personnes qui se sentent concernées, à se mobiliser aussi à leurs côtés…

S’agissant des partis et des professionnels de la politique, on les a entendus prononcer de belles paroles, au soir du second tour des élections régionales.

C’est maintenant, dans l’effort qu’ils feront sur le terrain pour préserver et renforcer la fraternité, qu’on verra si ces résolutions sont suivies d’actes concrets.

Aline Archimbaud

Sénatrice de Seine-Saint-Denis