Dépôt d’une question orale d’Aline Archimbaud à la Ministre de l’Education nationale sur la refonte de l’éducation prioritaire

Aline Archimbaud, Sénatrice de Seine-Saint-Denis a déposé hier mardi 16 décembre une question orale à l’attention de Madame Najat Vallaud-Belkacem, la Ministre de l’Éducation Nationale, de la Recherche, et de l’Enseignement Supérieur,  au sujet de la refonte de l’éducation prioritaire.

Voici le texte de la question : 

Depuis plusieurs semaines, des enseignants et parents d’élèves se mobilisent partout en France face à la sortie de leur collège du dispositif d’éducation prioritaire. C’est le cas notamment en Seine-Saint-Denis, où 5 collèges sont concernés (à Aulnay-sous-Bois, à Montreuil, à Neuilly-sur-Marne, à Romainville), ainsi que dans l’Oise (le bassin creillois). Nul ne peut pourtant nier les difficultés socio-économiques dans lesquelles se trouvent les habitants de ces zones.

La fin du classement d’un collège en éducation prioritaire fait planer une menace sur les projets pédagogiques, souvent innovants, dans lesquels l’aide de l’Etat apportée aux plus fragiles a donné la possibilité d’investir. Ces projets ont permis de favoriser la mixité sociale et de réduire l’évitement social qui caractérisait ces collèges discriminés, et de lutter contre les inégalités en matière de réussite scolaire.

Par ailleurs, la sortie de l’éducation prioritaire aura des conséquences financières négatives sur les écoles primaires liées à ces collèges.

En Seine-Saint-Denis, 13 collèges rejoindront l’éducation prioritaire. Pour autant, cette aide qui leur est justement accordée au regard de la situation sociale des bassins de vie, souvent sinistrés, dans lesquels ils s’inscrivent, ne peut se faire aux dépens de collèges qui en ont autant besoin.

Au delà du manque de concertation et de discussion pointé par les enseignants et les parents d’élèves, leur interrogation porte sur les indicateurs sociaux ayant été retenus comme critères d’entrée et de sortie du dispositif d’éducation prioritaire, critères jugés opaques et imparfaits.

Madame la Ministre, pouvez-vous garantir la transparence des critères retenus pour redéfinir la carte de l’éducation prioritaire, ainsi que l’exactitude des données qui ont permis de sélectionner les collèges sortis du dispositif ? Par ailleurs, quelle garantie de moyens pouvez-vous à présent donner aux collèges et écoles primaires anciennement classés en ZEP afin qu’ils persévèrent dans leur lutte contre l’échec scolaire, et démontrer ainsi que l’égalité des élèves sur tous les territoires reste la mission principale de l’Éducation nationale ?