France Inter « Secrets d’info » sur la Pollution automobile

Interview d’Aline Archimbaud dans le cadre de l’enquête menée par Matthieu Aron, Elodie Guéguen et Jacques Monin, sur la pollution et les lobbies automobiles.

Diffusée vendredi 6 novembre sur France Inter.

Retrouver ci-dessous le résumé vidéo de l’enquête :


Pollution automobile : l’hypocrisie européenne par franceinter

 Ci-dessous, le podcast de l’émission :

Placoplâtre va pouvoir reprendre les démolitions au fort de Vaujours

Gwenael Bourdon avec G.P. | 06 Mai 2015, 19h04 | MAJ : 06 Mai 2015, 19h04

4751053_abafc84e-f408-11e4-9958-001517810e22-1_545x460_autocropFort de Vaujours, mai 2013. Les services de l’Etat ont donné leur feu vert à Placoplâtre pour la démolition de 215 bâtiments anciennement occupés par le Commissariat à l’énergie atomique. (LP/M. K.)

C’est une nouvelle qui met en ébullition les élus et les associations. Placoplâtre va pouvoir reprendre rapidement la démolition de bâtiments dans le Fort de Vaujours. Ces travaux étaient suspendus depuis un peu moins d’un an.

Le sujet est sensible : le site, à cheval sur les départements de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne, a autrefois abrité le Commissariat à l’énergie atomique qui y a réalisé des expériences en détonique nucléaire.

En février 2014, des mesures avaient confirmé la présence, en certains points du site, de pollution radioactive. Et, quelques mois plus tard, Placoplâtre, qui souhaite y ouvrir une carrière de gypse à ciel ouvert, avait dû suspendre ses travaux de démolition.

Or, le géant du plâtre vient d’obtenir le feu vert des services de l’Etat et de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), à l’issue d’une commission de suivi qui s’est tenue mardi après-midi, en sous-préfecture du Raincy. « La société Placoplâtre s’est engagée […] à respecter scrupuleusement les recommandations de l’ASN et, en l’état, rien ne s’oppose à la poursuite de la démolition qui commencera par les bâtiments n’ayant jamais fait l’objet de stockage, d’utilisation ou de transit d’aluminium », annonce le préfet du 93, Philippe Galli, par voie de communiqué. Il ne s’agit pour l’heure que de démolir les installations en surface, pas encore d’intervenir en sous-sol. De son côté Placoplâtre se réjouit de cette nouvelle et annonce reprendre les démolitions « dans les prochains jours ».

Parmi les élus présents lors de la commission de suivi, la sénatrice (Europe Ecologie) Aline Archimbaud se plaint de n’avoir eu accès « ni au rapport de l’ASN, ni au protocole de Placoplâtre ». Les discussions, décrit-elle, ont été « très dures ». « Placoplâtre met une pression terrible pour reprendre les travaux au plus vite ». Un point surtout soulève l’inquiétude. L’ASN recommandait en mars « qu’il soit fait appel à un tiers expert pour le suivi des opérations ». Mais la préfecture annonce désormais que Placoplâtre mettra en place un « dispositif d’autocontrôle », en rétribuant directement le laboratoire chargé du suivi.

« On est bien en présence d’un site pollué. Qu’on démolisse avec toutes les précautions nécessaires, pourquoi pas ? Mais nommer un tiers expert payé par Placoplâtre me semble difficilement acceptable ! », réagit Ludovic Toro, maire UDI de Coubron, qui va écrire aux ministres de la Santé et de l’Ecologie. « Nous avons exigé la mise en place d’une expertise indépendante, mais l’ASN et le préfet nous ont répondu qu’il n’y avait pas de budget. Or, pour nous, c’est une condition non négociable », indique Aline Archimbaud, qui s’apprête, elle aussi,, avec le sénateur (PCF) Michelle Billout, à interpeller Ségolène Royal.

Le collectif « Sauvons la Dhuis », qui ne siège pas à la commission mais vient de déposer une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui pour des démolitions intervenues l’an dernier, est atterré. « Nous allons relancer la mobilisation et appeler à manifester », prévient Christophe Nédélec, à l’origine d’une pétition réclamant « la vérité sur le fort de Vaujours » qui a recueilli plus de 130 000 signatures.

« La gestion de ce dossier est particulièrement inacceptable »

Sollicitée par certaines associations pour venir à la commission de suivi mardi, la Criirad (Commission de recherches et d’information indépendantes sur la radioactivité) avait finalement décliné l’invitation, expliquant que, faute d’avoir pu accéder en amont au protocole soumis par Placoplâtre à l’ASN, il n’était « pas possible de porter un regard critique sur le projet ».

Au lendemain de cette commission de suivi de site, le chef du laboratoire de la Criirad, Bruno Chareyron, regrette que « la réalité nous donne raison ». « Nous avons l’habitude de ces commissions de suivi qui sont davantage des chambres d’enregistrement que de véritables lieux de débat et de contre-expertise », poursuit le scientifique, qui estime que « la gestion du dossier du fort de Vaujours est particulièrement inacceptable ».

« Depuis le début, les experts mandatés par l’Etat ou Placoplâtre concluent à l’absence de contamination radioactive, alors qu’elle est avérée. »

L’ingénieur, qui trouve également aberrant qu’on « saucissonne les travaux de surface et en sous-sol, qu’on sépare la radioactivité des autres pollutions alors que le problème devrait être traité globalement », a « le sentiment que les choses sont jouées d’avance. Il y a de quoi être choqué et inquiet ».

« Il faut une stratégie nationale de désamiantage »

Interview pour Environnement Magazine

Aline Archimbaud « Il faut une stratégie nationale de désamiantage »

La sénatrice de Seine-Saint-Denis met une nouvelle fois sur la table les propositions du dernier rapport du comité de suivi sur l’amiante, qu’elle préside.

Vous avez organisé le 13 avril, au Sénat, un colloque consacré à l’amiante. Dans quel but?

L’objectif était de présenter les conclusions du rapport parlementaire du comité de suivi amiante, remis au Premier ministre en juillet 2014, et de faire le point sur la situation des victimes, sur le désamiantage et sur la protection des salariés du bâtiment. Notamment à l’approche de l’échéance de juillet où la valeur limite d’exposition professionnelle sera divisée par dix. Mais aussi d’avoir une réflexion collective et de mettre en contact des réseaux qui ne se côtoient pas forcément, par exemple associations de victimes et experts ou chercheurs. Ce colloque a rassemblé une grande diversité d’acteurs – environ 150 personnes de toute la France – qui doivent faire l’effort de s’entendre, de se coordonner. Avec mes collègues du comité amiante, Catherine Deroche et Dominique Watrin, nous souhaitons faciliter cette union.

Le gouvernement avait annoncé fin 2014 la mise en place d’un prêt spécifique pour le désamiantage des logements sociaux et un programme de R & D de 20 millions d’euros…

On m’a indiqué qu’une convention avait été signée fin mars entre la Caisse des dépôts et le ministère du Logement pour la mise en place de ce prêt. Une feuille de route interministérielle serait par ailleurs toujours en préparation. Mais nous attendons plus. Le gouvernement doit rapidement mettre en place une structure de coordination interministérielle rattachée au Premier ministre, ainsi qu’une stratégie nationale

de désamiantage des bâtiments publics comme nous le proposions dans notre rapport.

Quel serait le rôle de cette structure interministérielle?

Les sommes en jeu pour le désamiantage sont énormes. Il faut établir des critères de priorité pour savoir sur quels bâtiments faire d’abord porter les efforts. Cette structure devra aussi impulser la structuration d’une véritable filière professionnelle, qui permettra la création d’emplois qualifiés pendant trente ou quarante ans. Formations initiales et continues doivent aussi gagner en qualité. Notamment celles des diagnostiqueurs, profession qui constitue le maillon faible de la filière. Les maires, et tous les maîtres d’ouvrage, ont également besoin d’appuis. Désamiantage de Jussieu ou du CHU de Caen : des savoir faire existent aujourd’hui, mais risquent de se perdre.

Quelles suites allez vous donner à votre action?

Nous allons, à partir du mois de mai, redoubler d’efforts pour interpeller le gouvernement, déposer des amendements pendant l’examen des lois Santé et Dialogue social. Je compte aussi intervenir au cours des questions au gouvernement.

FT

Simplifier l’accès à la CMU-C permettrait à la Sécu de réaliser des économies

Retrouvez l’article sur le site d’Actu Chômage.

LUNDI, 20 AVRIL 2015 12:35

Actuchomage poursuit ses entretiens sur la Loi de Santé 2015 (prochainement débattue au Sénat). Nous avons rencontré Aline Archimbaud, sénatrice de Seine-Saint-Denis (groupe écologiste).

Après Médecins du Monde et le CISS (Collectif Interassociatif Sur la Santé), nous avons interviewé Aline Archimbaud.

La sénatrice écologiste de Seine-Saint-Denis milite activement en faveur de l’accès aux droits pour Tous. Depuis un an et demi, elle propose que tout bénéficiaire du RSA socle obtienne automatiquement le droit à la CMU complémentaire (CMU-C).

Aujourd’hui, les deux dispositifs sont gérés par deux organismes différents. La complexité des dossiers de demande dissuade des centaines de milliers d’ayants droit.

Selon Aline Archimbaud, ce non recours concerne deux millions de personnes et générerait une «économie» (pour l’État) de 6 milliards d’euros.

Mais il s’agit d’économies à court terme, car les personnes qui ne disposent pas de la CMU-C hésitent à consulter, à se faire soigner dès que les premiers symptômes d’une maladie apparaissent. Faute de prévention, elles finissent aux Urgences hospitalières avec des pathologies lourdes nécessitant des soins coûteux.

En définitive, l’accès simplifié à la CMU-C générerait, à terme, des économies pour la Sécurité sociale.

Consultez l’entretien que nous a accordé Aline Archimbaud. Une vidéo réalisée avec le soutien de la Ville de Paris (Mission Intégration, Lutte contre les Discriminations et Droits de l’Homme) et la Région Île-de-France, qui complète le premier volet consacré à Médecins du Monde et le second au Collectif Interassociatif Sur la Santé – CISS.

Réalisation : Pili et YB pour Actuchomage.org

 


Aline Archimbaud : Il faut simplifier l’accès à… par Actuchomage

Interview d’Aline Archimbaud – Le malathion jugée cancérogène par l’OMS

Jugée cancérogène, la pulvérisation du malathion est suspendue par la Guyane, le gouvernement garde le silence

  • Par Laura Philippon
  • Publié le 23/03/2015 | 18:32, mis à jour le 23/03/2015 | 19:02

Classé comme « probablement cancérogène«  par l’Organisation mondiale de la santé, le vendredi 20 mars, le malathion est pourtant utilisé Outre-mer. En Guyane, le président du Conseil général a suspendu son utilisation ce lundi. Sollicité par la1ere.fr, le gouvernement, lui, reste silencieux.

© guyane 1ère
© GUYANE 1ÈRE
La suspension immédiate des pulvérisations de malathion en Guyane vient d’être annoncée, ce lundi 23 mars, par le président du Conseil général, Alain Tien-Liong. Prise en vertu du principe de précaution, cette décision fait suite à la publication, vendredi 20 mars, d’une note de l’agence du cancer de l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS a, en effet, classé le malathion comme « cancérogène probable ».
Interdit en France métropolitaine depuis 2008, ce pesticide était pulvérisé en Guyane et en Nouvelle-Calédonie pour lutter contre le moustique tigre, vecteur des épidémies de chikungunya et de zika.

Le silence des ministres

Si la Guyane décide localement de suspendre l’utilisation du malathion, il n’y a en revanche aucune consigne, ni réaction de la part du gouvernement au niveau national.

Pourtant, elles étaient trois ministres à prendre une position commune en août 2014. Ségolène Royal (Écologie), Marisol Touraine (Santé) et George Pau-Langevin (Outre-mer) défendaient ensemble l’utilisation de l’insecticide malathion en Guyane. Ce lundi, sollicitées par la1ère.fr, aucune des ministres n’a souhaité répondre.

Les inquiétudes d’une sénatrice

« Cette classification de l’OMS est un élément nouveau, un constat scientifique inquiétant qui confirme les doutes et les alertes, et il n’est pas possible que le malathion soit encore utilisé », commente pour sa part la sénatrice écologiste Aline Archimbaud. Également vice-présidente de la délégation Outre-mer au Sénat, elle salue la décision du Conseil général de Guyane. En décembre dernier, Aline Archimbaud avait déjà interpellé la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, sur l’utilisation du malathion dans ce département.

« J’espère maintenant que l’Etat prendra ses responsabilités, assure toujours la sénatrice.Et que les autorités françaises ne vont pas refaire le coup de l’amiante ou d’autres produits toxiques que l’on sait dangereux, mais que l’on met du temps à interdire. » La classification de l’OMS n’a toutefois aucun caractère contraignant pour les Etats.

Le cancer de la prostate

Dans sa publication, l’agence du cancer de l’Organisation mondiale de la santé évoque des risques cancérigènes du malathion et note qu’il existe des « preuves limitées » chez l’homme en ce qui concerne les lymphones, non hodgkiniens, des cancers du sang. L’OMS cite également le cancer de la prostate pour le malathion.

« Par définition, les pesticides et les biocides sont faits pour tuer des organismes vivants, ils sont donc dangereux, explique de son côté, Claudine Joly, membre de France Nature Environnement en charge des questions de pesticides. Face à de nouvelles molécules peu efficaces, on voit réapparaître ces anciennes molécules, telle que le malathion, qui sont dangereuses pour la santé et l’environnement. Les utiliser n’est pas le meilleur choix, mais il est difficile de dire aux gens en pleine épidémie de chikungunya : « Mettez une moustiquaire, on ne peut rien faire ». « Il faut bien agir », estime Claudine Joly pour qui « il serait préférable de travailler sur le long terme pour trouver des solutions moins dangereuses pour l’homme et l’environnement. »

Le malathion Outre-mer

Le malathion n’est plus autorisé en Europe et en France en tant que biocide depuis 2008. Lorsque les pulvérisations de cet insecticide ont débuté en novembre dernier, les Guyanais avaient fortement protesté. Une pétition en ligne contre son utilisation avait aussi été lancée. Mais pour lutter contre l’épidémie de chikungunya, une décision dérogatoire avait été prise pour la Guyane. Les autorités sanitaires et plusieurs ministres avaient alors tenté de rassurer les populations.

Le malathion a également été utilisé en Nouvelle-Calédonie au début de l’année dernière. Des pulvérisations avaient eu lieu pour tenter de lutter contre le moustique tigre, vecteur du zika. Fin 2013, l’utilisation du malathion avait été envisagée en Polynésie, mais les autorités ont dû renoncer face à la protestation des apiculteurs.

 

Ces milliards qu’on économise sur le dos des pauvres – France Inter

Retrouvez sur ce lien l’émission « Secrets d’actu » de France Inter, diffusée ce vendredi 13 mars, titrée « Ces milliards qu’on économise sur le dos des pauvres ».

Interviewée dans le cadre de cette enquête dédiée à la question de l’accès aux soins, Aline Archimbaud, auteure d’un rapport parlementaire sur l’accès aux soins des plus démunis, a notamment insisté sur la complexité des démarches administratives permettant d’accéder à une couverture médicale (dossier de CMU-C) qui explique qu’une grande partie des plus fragiles d’entre nous renoncent à se soigner.


Ces milliards qu’on économise sur le dos des… par franceinter