Proposition de résolution sur les perturbateurs endocriniens : interventions de MC Blandin et E. Benbassa

Ci-dessous les interventions de MC Blandin, Sénatrice du Nord, et de E. Benbassa, Sénatrice du Val-de-Marne, dans le cadre de l’examen en séance de la proposition de résolution visant à lutter contre l’exposition aux perturbateurs endocriniens, initiée par Aline Archimbaud et soutenue par le groupe écologiste.

Intervention MC Blandin – PPR Perturbateurs… par AlineArchimbaud

 

Intervention E. Benbassa – PPR Perturbateurs… par AlineArchimbaud

Polynésie française et nucléaire : la fin d’une injustice ?

Après des années de lutte, le peuple français de Polynésie française devrait enfin voir ses droits reconnus. 193 bombes en 30 ans, soit l’équivalent de 2 900 fois Hiroshima, voilà ce qu’ont subi les habitants des atolls polynésiennes. Fonds sous-marins fragilisés par les explosions, pollution du lagon de Moruroa et de ses récifs de corail, habitants et travailleurs irradiés, maladies génétiques, infirmités des enfants… Il était temps pour l’État français de reconnaître la terrible erreur humaine et écologique du nucléaire militaire.

Si la loi Morin de 2001 prévoyait par principe l’indemnisation des victimes, la pratique a montré que seuls 2% des dossiers ont abouti. L’insertion dans la loi de la notion de « risque négligeable » amputait le dispositif législatif de tout effet pour les malades du nucléaire. Enfin, le Parlement a adopté définitivement le 14 février 2017 la suppression du risque négligeable, instaurant à sa place la présomption de causalité. Une interrogation subsiste quand même. Le Gouvernement a entendu par un amendement de dernière minute « réserver l’indemnisation aux personnes dont la maladie est causée par les essais nucléaires », tout en créant une commission chargée de veiller au respect de cette nouvelle règles.

Les écologistes espèrent que cette disposition de freinera pas l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, qui attendent depuis maintenant des décennies.

Le Sénat ouvre la porte à la lutte contre les perturbateurs endocriniens

 Presque 100%.

C’est la proportion de femmes enceintes contaminées par des perturbateurs endocriniens en France, selon une étude de Santé Publique France publiée en décembre dernier.

Ces substances nocives pour la santé et l’environnement sont omniprésentes, dans l’alimentation, les plastiques, les produits chimiques, les produits pharmaceutiques, les cosmétiques, les produits d’entretien, les emballages entre autres.

A des doses infimes, encore plus quand elles sont absorbées conjointement, elles ont des effets délétères sur l’organisme et peuvent provoquer des cancers hormono-dépendants, être reprotoxiques, avoir des effets néfastes sur la thyroïdes, sur le développement neurologique, sur le métabolisme, et sur le système cardiovasculaire.

J’ai déposé au Sénat une proposition de résolution visant à lutter contre cette exposition permanente à laquelle nous sommes soumis.

Plusieurs propositions y étaient faites, notamment celles

– de lutter contre l’exposition des personnes les plus vulnérables, les femmes enceintes et les enfants, notamment dans les écoles et les crèches,

– d’interdire les pulvérisations de produits phytosanitaires, dont beaucoup ont un effet perturbateur endocrinien, à proximité des habitations et des écoles,

– d’interdire l’utilisation des perturbateurs endocriniens dans les produits médicaux, les jouets et les cosmétiques,

– de donner les moyens à la recherche indépendante, et notamment publique, pour que des études impartiales soient réalisées,

– et enfin de continuer à lutter contre les lobbys au niveau européen pour que la Commission Européenne produise enfin une définition des perturbateurs endocriniens protectrice de l’intérêt général.

Je suis très heureuse que cette proposition de résolution ait été adoptée au Sénat aujourd’hui, et j’espère que cette porte ouverte permettra d’avancer pour enrayer cette crise sanitaire immense.

Des propositions existent, elles sont réalistes, il faut maintenant la volonté politique de les mettre en place au plus vite.

La Commission Européenne se réunit une nouvelle fois le 28 février pour proposer une définition des perturbateurs endocriniens, il faut rester mobilisé pour défendre notre santé et notre environnement.

Retrouvez le texte complet de cette proposition de résolution sur le lien suivant.

Examen de la Proposition de résolution « lutte contre l’exposition aux perturbateurs endocriniens »

Demain après-midi sera discutée au Sénat dans le cadre de l’espace réservé au groupe écologiste la Proposition de résolution visant à renforcer la lutte contre l’exposition aux perturbateurs endocriniens, que j’ai initiée avec ma collègue Marie Blandin, Sénatrice du Nord, et soutenue par le groupe écologiste.

Retrouver le texte complet de cette proposition sur le lien suivant.

Marie Blandin interviendra au nom du groupe écologiste. Pour accéder à la séance en direct.

Quelques pas de plus vers l’égalité réelle en outre-mer

Le projet de loi Égalité réelle en Outre-mer a été adopté au Parlement la semaine dernière. Il a pour objectif de réduire les inégalités d’accès aux biens, aux services publics, aux droits, et les problèmes éducatifs, sanitaires, économiques, d’accès à l’emploi, de coût de la vie trop élevé auxquels sont confrontés les habitants des territoires d’Outre-mer par rapport aux habitants de l’hexagone.

Les débats au Sénat ont enrichi le texte et la plupart des amendements déposés par Aline Archimbaud au nom du groupe ont été adoptés en séance. Ils permettront notamment d’améliorer l’information des enfants sur des questions de santé, de renforcer les prérogatives du nouveau Grand Conseil Coutumier des populations amérindiennes et bushinenges de Guyane et de lutter contre l’orpaillage. Les avancées obtenues dans ce domaine sont très positives, notamment pour la Guyane, où c’est un véritable fléau aux conséquences graves sur l’environnement, la santé des habitants et leur sécurité au quotidien. Autre disposition attendue depuis des décennies par des milliers de victimes des essais nucléaires, la loi Morin qui définit les critères pour leur indemnisation a été grandement améliorée ! Enfin les victimes pourront être indemnisées sans que soit remis en cause de façon indue le lien entre leur maladie et leur exposition aux essais nucléaires français en Polynésie et au Sahara.

Malgré ces avancées, les difficultés restent nombreuses et certains sujets fondamentaux, comme le développement de l’enseignement en langue maternelle pour tous les enfants qui ne parlent pas le Français à leur entrée à l’école, ou le développement d’une agriculture, d’une aquaculture locales et  respectueuses de la biodiversité, de filières environnementales, de filières d’énergies renouvelables, n’ont pas été réellement traités.  Le lancement d’une réflexion sur la mise en place d’un observatoire du suicide en Guyane, pourtant proposé au Sénat, a été également supprimé de la version finale du texte. Compte tenu des enjeux forts sur ce territoire qui connaît un taux de suicide chez les jeunes anormalement élevé, plus particulièrement chez les jeunes des communautés amérindiennes et bushinengués, cette suppression est extrêmement regrettable. C’est une occasion ratée de mieux comprendre les mécanismes qui poussent ces jeunes à se suicider et de mettre en place les conditions d’un mieux-être.

On le voit, beaucoup reste à faire, mais les avancées sont réelles ! Le groupe écologiste a donc voté pour ce projet de loi, en espérant qu’il serve d’appui pour que d’autres dispositions allant plus loin soient prises par la suite.

2017, ANNÉE DE LA FRATERNITÉ !

Je souhaite à chacun d’entre vous une excellente année 2017 sur le plan de la santé, de l’équilibre personnel, de l’activité professionnelle, de l’engagement pour l’intérêt collectif.

Notre pays et notre département, menacés par les extrêmes, doivent trouver la force de résister aux appels à la division et à la haine. J’espère que les initiatives dont se fait écho le Réseau Fraternité (observatoirefraternite93.org) seront multipliées par 100…

L’année 2017 sera une année électorale : présidentielles, législatives et sénatoriales.

Fidèle à mes valeurs et aux engagements pris auprès de vous, j’ai toujours privilégié une écologie populaire agissant au coeur des dynamiques de gauche et de la société civile.

L’écologie doit être unitaire : c’est pourquoi j’ai soutenu François de Rugy à l’occasion de la primaire de la gauche.

Mais elle doit aussi être indépendante et forte : tout naturellement je soutiendrai les candidats écologistes lors du premier tour de l’élection présidentielle et des législatives.

L’année 2017 verra se poursuivre l’action sur des sujets majeurs dans notre département : Santé au travail, pollution de l’air, réduction de la place de la voiture, qualité de l‘eau et des sols (Fort de Vaujours), espaces verts, gaspillage, Europacity, lutte contre les discriminations et accès aux droits, défense et promotion de l’éducation, logement pour tous, économie verte, sociale et solidaire…

Au Sénat comme sur le terrain, vous pourrez compter sur moi pour poursuivre l’action engagée avec la population sur tous ces sujets.

Aline Archimbaud

Sénatrice de Seine-Saint-Denis

 

Mon intervention – Examen du Projet de loi Égalité réelle en Outremer

Aline Archimbaud est intervenue aujourd’hui au Sénat dans le cadre de la première lecture du Projet de loi « Egalité réelle en Outremer ».

Retrouvez ci-dessous la vidéo et le texte de son intervention.

Seule le prononcé fait foi.


Projet de loi « Egalité réelle en Outremer » par AlineArchimbaud


Monsieur/Madame le/la président-e,

Madame la Ministre,

Monsieur le Président de la Commission des Lois,

Mesdames et Messieurs les rapporteurs,

Mes chers collègues,

Les territoires d’outre-mer sont marqués depuis des décennies par des difficultés sociales, économiques, et des inégalités héritées de l’histoire coloniale, que la République peine à résoudre. Les taux de chômages y sont plus de deux fois plus élevés que dans l’hexagone, avec par exemple des taux de 21,3% en Guyane en 2013, jusqu’à 29% à la Réunion selon l’Observatoire des inégalités.

Les problèmes éducatifs, sanitaires, économiques, d’accès aux droits, d’accès aux services publics, d’accès à l’emploi, sont régulièrement dénoncés par les habitants, les associations et les élus de ces territoires, et peu de choses avancent. Ce projet de loi vise à répondre à une partie de ces problèmes, et il est attendu.

Lorsque nous en avons pris connaissance, nous nous sommes d’abord interrogés sur le sens de son intitulé. Que pouvait bien vouloir dire le concept d’égalité réelle ? Serait-il possible d’imaginer que l’égalité soit autre chose que réelle ?

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Retour sur le colloque sur les Amérindiens de Guyane

La semaine dernière, j’ai reçu au Sénat une délégation guyanaise d’une quinzaine de personnes : acteurs locaux, associatifs, représentants des populations amérindiennes, élus, responsables des pouvoirs publics et de la cellule régionale pour le mieux vivre.

Ce colloque fait suite au rapport de la mission parlementaire que j’ai remis il y a un an avec ma collègue députée Marie-Anne Chapdelaine à propos du taux très élevé de suicides chez les jeunes Amérindiens de Guyane. Ce rapport contient 37 propositions pour enrayer ces drames et créer les conditions d’un mieux être.

Un an après, j’ai donc souhaité, tirer un premier bilan de la mise en œuvre de ces propositions, et plus globalement, faire un état des lieux de la situation.

Nicolas Hulot, particulièrement intéressé par la dimension humaine, culturelle et environnementale de cette situation, a souhaité entendre directement les représentants de ces populations, et échanger avec eux. Une rencontre a donc été organisée mardi, la veille du colloque, au Palais du Luxembourg.

Les prises de parole ont été riches, parfois émouvantes, traduisant la difficulté, pour les jeunes amérindiens, de se projeter dans l’avenir, compte tenu de leurs conditions de vie souvent très précaires. Ils craignent également de voir leur identité disparaître en rentrant dans le monde moderne. Lire la suite