Soins funéraires pour les personnes porteuses du virus du Sida : appel au Président de la République !

Selon l’article 2 de l’arrêté du 20 juillet 1998, il est interdit de pratiquer des soins funéraires sur des personnes séropositives ou porteuses d’hépatites virales, sous prétexte de vouloir protéger les thanatopracteurs.

Pourtant, la pratique des autopsies à visée scientifique est autorisée sur ces personnes à condition de respecter les précautions universelles préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), afin d’éviter toute contamination du personnel ou de l’environnement. Par ailleurs, il n’a à ce jour jamais été fait mention d’un cas de transmission du VIH à un professionnel des soins funéraires.

Cette discrimination, inscrite dans la loi, est condamnée par le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS), dans un avis publié en 2009, par le Défenseur des droits depuis 2011, et par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

En mars 2014, j’ai interpellé sur cette question la Ministre de la Santé, Marisol Touraine, à l’occasion d’une question orale.

Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la famille, des personnes âgées et de l’autonomie, m’a alors répondu que le gouvernement s’engageait à mettre fin à cette interdiction dès le 1er janvier 2016, et à suivre les avis du Haut Conseil de la santé publique saisi en 2012 qui plaidait en faveur d’une réorganisation profonde de la thanatopraxie, permettant de garantir la sécurité des professionnels face aux risques infectieux et chimiques.

Si des dispositions ont été prises au matière d’encadrement de la profession de thanatopracteur, l’arrêté supprimant cette interdiction n’a toujours pas été signé.

C’est pourquoi je soutiens l’initiative portée par les associations Act Up Paris, Actions Traitements, Aides, Sidaction, SOS Hépatites, et par les Élus locaux contre le Sida, qui ont adressé ce vendredi une lettre ouverte au Président de la République Emmannuel Macron pour que soit enfin mis un terme à cette stigmatisation qui contribue à alimenter les fantasmes propagés de façon récurrente à propos des malades séropositifs, et qui rend difficile le travail de deuil des familles.

Réserve parlementaire – Année 2017

Comme chaque année, la loi prévoit une « Dotation d’Action parlementaire » (dite réserve parlementaire) mise à disposition de chaque député et sénateur à qui il revient de proposer une aide au financement de projets menés par des associations ou des collectivités locales pour l’année en cours.

Pour 2017, le montant de la subvention globale qui m’a été attribuée est de 153 046 euros.

L’administration du Sénat et de l’Assemblée nationale, ont mis en pratique l’objectif de transparence totale quant à l’attribution de ces fonds via une publication sur leur site internet, ce dont je me félicite.

Cette année, j’ai souhaité soutenir 34 projets, pour la plupart ancrés en Seine-Saint-Denis (voir liste ci-dessous).

La crise sociale frappe durement. C’est la raison pour laquelle j’ai donné priorité aux initiatives encourageant le vivre-ensemble, la solidarité et la fraternité, l’accès aux droits et à l’emploi, à la santé et à la culture, l’économie solidaire, ainsi que les mobilisations pour la biodiversité, la nature en ville, la lutte contre le dérèglement climatique.

Aline Archimbaud

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Proposition de résolution sur les perturbateurs endocriniens : interventions de MC Blandin et E. Benbassa

Ci-dessous les interventions de MC Blandin, Sénatrice du Nord, et de E. Benbassa, Sénatrice du Val-de-Marne, dans le cadre de l’examen en séance de la proposition de résolution visant à lutter contre l’exposition aux perturbateurs endocriniens, initiée par Aline Archimbaud et soutenue par le groupe écologiste.

Intervention MC Blandin – PPR Perturbateurs… par AlineArchimbaud

 

Intervention E. Benbassa – PPR Perturbateurs… par AlineArchimbaud

Polynésie française et nucléaire : la fin d’une injustice ?

Après des années de lutte, le peuple français de Polynésie française devrait enfin voir ses droits reconnus. 193 bombes en 30 ans, soit l’équivalent de 2 900 fois Hiroshima, voilà ce qu’ont subi les habitants des atolls polynésiennes. Fonds sous-marins fragilisés par les explosions, pollution du lagon de Moruroa et de ses récifs de corail, habitants et travailleurs irradiés, maladies génétiques, infirmités des enfants… Il était temps pour l’État français de reconnaître la terrible erreur humaine et écologique du nucléaire militaire.

Si la loi Morin de 2001 prévoyait par principe l’indemnisation des victimes, la pratique a montré que seuls 2% des dossiers ont abouti. L’insertion dans la loi de la notion de « risque négligeable » amputait le dispositif législatif de tout effet pour les malades du nucléaire. Enfin, le Parlement a adopté définitivement le 14 février 2017 la suppression du risque négligeable, instaurant à sa place la présomption de causalité. Une interrogation subsiste quand même. Le Gouvernement a entendu par un amendement de dernière minute « réserver l’indemnisation aux personnes dont la maladie est causée par les essais nucléaires », tout en créant une commission chargée de veiller au respect de cette nouvelle règles.

Les écologistes espèrent que cette disposition de freinera pas l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, qui attendent depuis maintenant des décennies.

Le Sénat ouvre la porte à la lutte contre les perturbateurs endocriniens

 Presque 100%.

C’est la proportion de femmes enceintes contaminées par des perturbateurs endocriniens en France, selon une étude de Santé Publique France publiée en décembre dernier.

Ces substances nocives pour la santé et l’environnement sont omniprésentes, dans l’alimentation, les plastiques, les produits chimiques, les produits pharmaceutiques, les cosmétiques, les produits d’entretien, les emballages entre autres.

A des doses infimes, encore plus quand elles sont absorbées conjointement, elles ont des effets délétères sur l’organisme et peuvent provoquer des cancers hormono-dépendants, être reprotoxiques, avoir des effets néfastes sur la thyroïdes, sur le développement neurologique, sur le métabolisme, et sur le système cardiovasculaire.

J’ai déposé au Sénat une proposition de résolution visant à lutter contre cette exposition permanente à laquelle nous sommes soumis.

Plusieurs propositions y étaient faites, notamment celles

– de lutter contre l’exposition des personnes les plus vulnérables, les femmes enceintes et les enfants, notamment dans les écoles et les crèches,

– d’interdire les pulvérisations de produits phytosanitaires, dont beaucoup ont un effet perturbateur endocrinien, à proximité des habitations et des écoles,

– d’interdire l’utilisation des perturbateurs endocriniens dans les produits médicaux, les jouets et les cosmétiques,

– de donner les moyens à la recherche indépendante, et notamment publique, pour que des études impartiales soient réalisées,

– et enfin de continuer à lutter contre les lobbys au niveau européen pour que la Commission Européenne produise enfin une définition des perturbateurs endocriniens protectrice de l’intérêt général.

Je suis très heureuse que cette proposition de résolution ait été adoptée au Sénat aujourd’hui, et j’espère que cette porte ouverte permettra d’avancer pour enrayer cette crise sanitaire immense.

Des propositions existent, elles sont réalistes, il faut maintenant la volonté politique de les mettre en place au plus vite.

La Commission Européenne se réunit une nouvelle fois le 28 février pour proposer une définition des perturbateurs endocriniens, il faut rester mobilisé pour défendre notre santé et notre environnement.

Retrouvez le texte complet de cette proposition de résolution sur le lien suivant.

Examen de la Proposition de résolution « lutte contre l’exposition aux perturbateurs endocriniens »

Demain après-midi sera discutée au Sénat dans le cadre de l’espace réservé au groupe écologiste la Proposition de résolution visant à renforcer la lutte contre l’exposition aux perturbateurs endocriniens, que j’ai initiée avec ma collègue Marie Blandin, Sénatrice du Nord, et soutenue par le groupe écologiste.

Retrouver le texte complet de cette proposition sur le lien suivant.

Marie Blandin interviendra au nom du groupe écologiste. Pour accéder à la séance en direct.

Quelques pas de plus vers l’égalité réelle en outre-mer

Le projet de loi Égalité réelle en Outre-mer a été adopté au Parlement la semaine dernière. Il a pour objectif de réduire les inégalités d’accès aux biens, aux services publics, aux droits, et les problèmes éducatifs, sanitaires, économiques, d’accès à l’emploi, de coût de la vie trop élevé auxquels sont confrontés les habitants des territoires d’Outre-mer par rapport aux habitants de l’hexagone.

Les débats au Sénat ont enrichi le texte et la plupart des amendements déposés par Aline Archimbaud au nom du groupe ont été adoptés en séance. Ils permettront notamment d’améliorer l’information des enfants sur des questions de santé, de renforcer les prérogatives du nouveau Grand Conseil Coutumier des populations amérindiennes et bushinenges de Guyane et de lutter contre l’orpaillage. Les avancées obtenues dans ce domaine sont très positives, notamment pour la Guyane, où c’est un véritable fléau aux conséquences graves sur l’environnement, la santé des habitants et leur sécurité au quotidien. Autre disposition attendue depuis des décennies par des milliers de victimes des essais nucléaires, la loi Morin qui définit les critères pour leur indemnisation a été grandement améliorée ! Enfin les victimes pourront être indemnisées sans que soit remis en cause de façon indue le lien entre leur maladie et leur exposition aux essais nucléaires français en Polynésie et au Sahara.

Malgré ces avancées, les difficultés restent nombreuses et certains sujets fondamentaux, comme le développement de l’enseignement en langue maternelle pour tous les enfants qui ne parlent pas le Français à leur entrée à l’école, ou le développement d’une agriculture, d’une aquaculture locales et  respectueuses de la biodiversité, de filières environnementales, de filières d’énergies renouvelables, n’ont pas été réellement traités.  Le lancement d’une réflexion sur la mise en place d’un observatoire du suicide en Guyane, pourtant proposé au Sénat, a été également supprimé de la version finale du texte. Compte tenu des enjeux forts sur ce territoire qui connaît un taux de suicide chez les jeunes anormalement élevé, plus particulièrement chez les jeunes des communautés amérindiennes et bushinengués, cette suppression est extrêmement regrettable. C’est une occasion ratée de mieux comprendre les mécanismes qui poussent ces jeunes à se suicider et de mettre en place les conditions d’un mieux-être.

On le voit, beaucoup reste à faire, mais les avancées sont réelles ! Le groupe écologiste a donc voté pour ce projet de loi, en espérant qu’il serve d’appui pour que d’autres dispositions allant plus loin soient prises par la suite.

2017, ANNÉE DE LA FRATERNITÉ !

Je souhaite à chacun d’entre vous une excellente année 2017 sur le plan de la santé, de l’équilibre personnel, de l’activité professionnelle, de l’engagement pour l’intérêt collectif.

Notre pays et notre département, menacés par les extrêmes, doivent trouver la force de résister aux appels à la division et à la haine. J’espère que les initiatives dont se fait écho le Réseau Fraternité (observatoirefraternite93.org) seront multipliées par 100…

L’année 2017 sera une année électorale : présidentielles, législatives et sénatoriales.

Fidèle à mes valeurs et aux engagements pris auprès de vous, j’ai toujours privilégié une écologie populaire agissant au coeur des dynamiques de gauche et de la société civile.

L’écologie doit être unitaire : c’est pourquoi j’ai soutenu François de Rugy à l’occasion de la primaire de la gauche.

Mais elle doit aussi être indépendante et forte : tout naturellement je soutiendrai les candidats écologistes lors du premier tour de l’élection présidentielle et des législatives.

L’année 2017 verra se poursuivre l’action sur des sujets majeurs dans notre département : Santé au travail, pollution de l’air, réduction de la place de la voiture, qualité de l‘eau et des sols (Fort de Vaujours), espaces verts, gaspillage, Europacity, lutte contre les discriminations et accès aux droits, défense et promotion de l’éducation, logement pour tous, économie verte, sociale et solidaire…

Au Sénat comme sur le terrain, vous pourrez compter sur moi pour poursuivre l’action engagée avec la population sur tous ces sujets.

Aline Archimbaud

Sénatrice de Seine-Saint-Denis